« 27 février 1858 » [source : BnF, Mss, NAF 16379, f. 45], transcr. Anne-Sophie Lancel, rév. Florence Naugrette, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.5022, page consultée le 25 janvier 2026.
Guernesey, 27 février 1858, samedi soir, 6 h.
Il est six heures et j’y vois encore assez clair pour tirer de mon cœur les tendresses qu’il contient et pour les envoyer à leur adresse. Pauvre cher bien-aimé, je me tourmente de la pensée que tu n’es pas suffisamment couvert dans ton lit par ce froid pénétrant et traître. Vraiment, mon cher adoré, tu devrais, toute incurie cessante, commander à Rosalie d’ajouter une bonne couverture à ton lit ce soir. Pense que toutes ces bravacheries d’homme FORT et d’épiderme d’hippopotame dégénèrent brusquement par cette température d’ours blanc, en grave imprudence représentée en mal de gorge et en rhume. Aussi, si tu m’aimes, et si tu tiens à ma tranquillité, tu renonceras à ce système absurde sans soin et du sans souci de la santé et de la vie. Je t’en prie sérieusement, mon cher adoré, pense à te faire donner une couverture ce soir, et puis tâche de revenir de bonne heure pour avoir le temps de bien te réchauffer et de guérir ton mal de gorge. En attendant, je t’aime de toutes mes forces.
Juliette
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
Hugo réchappe d’un grave anthrax, qui l’immobilise et l’empêche de voir Juliette, follement inquiète, pendant plusieurs semaines.
- 11 avrilJuliette Drouet visite Hauteville-House. Expérience déprimante.
- 3 juillet-4 octobreHugo est atteint d’un grave anthrax qui manque de l’emporter. Pendant des jours, Juliette est privée de sa vue, et obtient de ses nouvelles via les servantes, et leur médecin qui l’informe.
